Jugé pour viol et meurtre, plus de ving ans après
Malgré les traces d’Adn qui semblent l’accuser, Robert Greiner nie le viol comme le meurtre. En effet, cet ancien pompier est jugé à partir de ce lundi 7 avril 2008 pour sa responsabilité présumée dans le calvaire d’une lycéenne d’Avignon - et il devrait plaider non coupable devant la Cour d’assises du Gard à Nîmes.
En décembre 1987, le corps sans vie et dénudé d’Évelyne Boucher, 16 ans, était découvert par deux chasseurs, dans une clairière de la commune des Angles, dans le Gard. La victime portait des marques de strangulation. Les enquêteurs devaient retrouver une blessure par arme à feu et des marques de violences sexuelles. Les investigations, menées d’abord dans l’environnement familial et scolaire de la lycéenne puis étendues au quartier où elle habitait avec sa mère et son beau-père, à Villeneuve-lez-Avignon, se révélaient vaines. Tout comme les recherches entreprises autour de personnes connues pour des affaires de mœurs, et notamment de tueurs en série ayant pu se trouver dans la région.
L’enquête devait pourtant rebondir… près de 19 ans après les faits, en juin 2006 : la juge d’instruction recevait alors une note du Fnaeg qui l’informait de la correspondance entre l’Adn identifié sur le sperme retrouvé sur la jeune fille et celui d’un homme condamné deux ans plus tôt pour violence en réunion. C’est dans le cadre de cette condamnation que Robert Greiner avait été contraint de se soumettre - non sans réticences - aux prélèvements biologiques, comme la loi le prévoit.
Ce sont ces prélèvements, dont les résultats ont été confirmés depuis par de nouvelles expertises, qui ont conduit, plus de 20 ans après les faits, Robert Greiner dans le box des accusés. Pourtant, l’ancien pompier nie toute violence, selon son avocat Patrick Gontard : s’il a eu une relation sexuelle avec la victime, devrait-il soutenir lors du procès, c’était dans l’après-midi du crime, alors que l’enquête a montré que l’agression a été commise entre 19 heures et 22 heures. Maître Gontard a évoqué au cours de l’instruction la possibilité que son client ait eu une relation sexuelle consentie avec la victime et que le meurtre ait été perpétré par une autre personne.
Une hypothèse qui n’apparaît pas crédible, selon l’accusation, qui présente Robert Greiner comme un être impulsif, attiré par les jeunes femmes, pouvant devenir très violent. Pour leur part, les enquêteurs citent un faisceau d’indices renforçant leur conviction que l’accusé avait un lien avec la victime, ainsi qu’un témoin selon lequel Robert Greiner recevait souvent des filles à la caserne. Il pouvait alors, selon ce témoignage, les traiter comme de vulgaires objets sexuels.
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