Trois mois ferme pour l’agressé agresseur

Trois hommes originaires du Conquet comparaissaient, hier, 15 avril 2008, devant le tribunal de Brest, pour l’expédition punitive dont ils se sont rendus coupables, dans la nuit du vendredi à samedi. Seuls deux d’entre eux sont ressortis libres.

Dans la nuit de vendredi 11 avril au samedi 12 avril 2008, au Conquet, deux cousins sortent d’un café lorsqu’ils aperçoivent, un peu plus loin, deux autres jeunes. L’un des deux cousins identifie alors l’un d’eux comme l’auteur d’insultes proférées, quelques semaines plus tôt, à l’encontre de son oncle, le père de l’autre. Entre les deux groupes, le ton monte et les deux cousins en viennent très vite aux mains, histoire de laver l’affront subi. La victime est rouée de coups avant d’être laissée sur place par ses agresseurs. Quelques instants plus tard, toujours un peu sonnée, elle décide de se rendre chez son frère, en compagnie de son ami, resté dans l’ombre jusque-là, afin d’y préparer sa vengeance : Je voulais lui demander son pistolet de détresse.

Ensuite, s’organise une expédition punitive, armes de poing incluses. Les deux frères et l’ami montent en voiture, en direction de l’appartement d’un des cousins. J’ai entendu une voiture dehors, puis frapper à ma porte. Je savais qui c’était et je ne me suis pas dégonflé. J’ai ouvert le verrou, une batte de base-ball à la main. Mais quand j’ai vu qu’ils avaient des armes, j’ai fait demi-tour… se rappelle celui qui s’est finalement constitué partie civile, hier, au tribunal. Un déferlement de violence s’est abattu sur lui : coups de pieds, de poings et surtout des coups donnés avec le canon du pistolet. Au total, une trentaine de coups en tous genres, pour un passage à tabac en règle. Deux balles (l’une à blanc, l’autre lacrymogène) seront même tirées. Je me suis acharné, je voulais lui exploser le visage. Il y avait du sang partout, explique, à son tour, du bout des lèvres, le principal prévenu dans cette affaire. Je ne l’avais jamais vu comme ça. Si son frère ne l’avait pas arrêté, je ne sais pas comment cela aurait fini, raconte le troisième prévenu. La victime s’en tirera finalement avec trois jours d’arrêt de travail.

Source : Le Télégramme

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