Cinquante-cinq morts dans l’incendie d’une usine à Casablanca

Cinquante-cinq personnes sont mortes et au moins 12 autres ont été blessées dans un incendie qui a éclaté samedi 26 avril 2008 dans une usine de fabrication de matelas à Casablanca, selon la préfecture locale.

Sur place, les pompiers ont annoncé à l’Associated Press (Ap) un bilan de 54 morts: 28 hommes, 21 femmes, et cinq corps trop brûlés pour être identifiés. Le sinistre a également fait 21 blessés, selon eux : six graves ayant inhalé de la fumée, quatre victimes de chutes et onze inconscients.

Nous sommes certains qu’il y a au moins 54 morts, a confié le chef des pompiers sur place à l’Ap, précisant qu’il reste un doute sur la présence d’autres corps dans les décombres du bâtiment.

Le sinistre s’est déclaré samedi matin pour une raison encore indéterminée vers 10 h 00 au rez-de-chaussée de l’usine Rosamor ameublements, située dans la zone industrielle de Lissasfa.

Le feu s’est ensuite propagé rapidement aux cinq étages du bâtiment. La présence de produits chimiques dans l’usine a certainement favorisé la propagation des flammes, selon le communiqué de la préfecture, mais l’origine précise de l’incendie restait toutefois à déterminer.

Selon un policier présent sur place, les employés accusent le patron de l’usine d’avoir bloqué les issues du bâtiment pour empêcher le vol de marchandises. Les ouvriers accusent le propriétaire d’avoir fermé les portes, mais ce n’est pas certain, a-t-il affirmé sous couvert de l’anonymat. Rachida Darif, une employée de 29 ans qui a réussi à s’échapper par le toit du bâtiment, a expliqué à l’Ap que les portes et l’ascenseur de l’usine étaient bloqués lorsqu’elle a voulu s’enfuir.

Les pompiers ont affirmé ne pas savoir si les portes avaient été délibérément bloquées, mais ont souligné les manquements aux normes de sécurité dans l’usine. Il n’y avait ainsi aucune issue de secours, et les fenêtres des derniers étages avaient des barreaux. Tout ça explique pourquoi nous avons trouvé la plupart des victimes dans l’escalier, a expliqué un pompier.

Il s’agit de l’incendie le plus meurtrier au Maroc depuis un sinistre qui avait fait 50 morts dans la prison de Sidi Moussa en 2002.

Une enquête approfondie et transparente sera ouverte, a indiqué le ministre de l’Intérieur Chakib Benmoussa, qui s’est rendu sur les lieux du sinistre. Le roi Mohammed VI a ordonné que tous les efforts possibles soient entrepris pour venir en aide aux victimes et à leurs familles. Les hôpitaux disposant d’unités de soins pour les grands brûlés, comme l’hôpital militaire de Rabat, ont reçu la consigne de mobiliser leurs moyens.

Une centaine de personnes se trouvaient dans l’usine au moment où l’incendie s’est déclaré. Toutefois la plupart des personnes qui a été tuée se trouvait au troisième étage, là où se trouve l’atelier de couture, a précisé Rachida Darif à l’Ap.

La Protection civile a mobilisé une centaine de sapeurs-pompiers, sept engins et cinq ambulances, mais les équipes d’intervention et de secours ont été renforcées au fur et à mesure de la journée face à la gravité de l’incendie, selon le communiqué de la préfecture.

Le sinistre n’a été maîtrisé qu’après plus de trois heures d’intenses efforts déployés par les éléments d’intervention de la Protection civile et les différents appareils de sécurité. Douze heures après le début de l’incendie, des fumées s’échappaient toujours du bâtiment, et les pompiers continuaient d’arroser le site, a-t-on constaté sur place.

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à proximité de l’usine, dont les deux derniers étages se sont effondrés, a constaté sur place un photographe de l’Ap.

Source : La Presse Canadienne

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