Lydia séquestrée et violée pendant 28 ans par son père à Coulommes

Lydia Gouardo, 45 ans, a connu un destin similaire à Elisabeth Fritzl. Elle a été violée et maltraitée 28 ans durant par son père. L’histoire de cette française n’a pas suscité le même émoi que celle de l’autrichienne. À Meaux, puis à Coulommes où elle habite toujours, Lydia a subi le pire : abus sexuels, séquestrations et actes de barbarie. Un calvaire qui a débuté en 1971 et qui a pris fin 1999 avec la mort de l’homme qui n’était pas son père biologique mais l’avait reconnue. De cette union contre nature naîtront six garçons.

Contrairement à Elisabeth Fritzl, Lydia n’a pas été enfermée dans un réduit inviolable et inconnu de tous. Son tortionnaire est parvenu à la garder constamment auprès de lui, pendant son enfance et jusqu’à ses 37 ans, en la terrorisant et en bénéficiant de l’aveuglement de la justice et des services sociaux. À Coulommes, les voisins savaient, dénonce son compagnon, Sylvain Skirlo. Ils n’ont pas réagi, pas plus que les pouvoirs publics. Ni l’Éducation nationale (elle n’était pas scolarisée), ni le service d’action éducatif de Meaux qui l’a suivie de ses dix à ses dix-huit ans, ni les gendarmes Crécy-la-Chapelle, à qui une enquête a été confiée en 1996, ni les médecins qui ont eu à examiner les brûlures à l’acide chlorhydrique infligées par son père, ne sont venus à son secours.

Pas d’amertume pourtant chez Lydia Gouardo, dont le regard bleu semble éternellement innocent : Quand j’ai appris ce qui est arrivé à cette femme, j’étais malheureuse pour elle. Elle a subi plus que moi. Si son père était mort, personne n’aurait su qu’elle était là ?.

Son calvaire prend fin en 1999 avec le décès de son tortionnaire. En 2001, une enquête est à nouveau ouverte à la suite d’un signalement du service d’action éducative de Meaux. Elle débouche six an plus tard sur un procès : Lucienne Ulpat, la concubine de Raymond Gouardo, qui avait assisté sans rien dire au calvaire de Lydia, est condamnée à trois ans de prison avec sursis pour non dénonciation de crime. Lydia fait appel.

La Cour d’appel de Paris tranche le 18 avril 2008 : Lucienne Ulpat est condamnée à quatre ans de prison avec sursis pour non dénonciation de crime, mais également pour agression sexuelle sur un des fils de Lydia, alors qu’il avait moins de 15 ans. La cour réduit en revanche les dommages et intérêts dus à Lydia (6 000 euros au lieu de 15 000 en première instance). La vieille n’ira jamais en prison, alors que j’ai été enfermée toutes ces années, soupire Lydia. Depuis le jugement, je déprime. Je pleure tout le temps. Encore du sursis ! Et je n’ai pas pu faire témoigner mes enfants, mon frère, ma soeur. Ce procès leur était dû, à eux aussi.

Source : Rtl Info

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