Dix ans de prison pour un pédophile de Plougastel-Daoulas
Georges Gardère, 55 ans, a été condamné, mercredi 7 mai 2008, par la Cour d’assises du Finistère aux dix années de réclusion criminelle réclamées pour des viols et agressions sexuelles commis sur trois mineurs à Plougastel-Daoulas.
À la lecture du verdict par le président, l’accusé est resté de marbre, comme durant une bonne partie des deux journées de débats. Son attitude a, à n’en pas douter, aussi pesé sur la décision de la cour. À aucun moment, il n’a abordé le vécu des mineurs, ni les conséquences sur eux. Hier, ils n’existaient pas. Pas plus qu’aujourd’hui, a d’ailleurs relevé le représentant des parties civiles lors de son intervention. L’avocat ne croit pas aux pulsions incontrôlables que l’accusé avance pour justifier ses graves dérapages. Il y a calcul. Il repère sa proie, l’enfant, s’en « occupe » et une fois « fini », revient parmi ses proches comme si de rien n’était. Encore aujourd’hui, les victimes n’ont pas totalement reconstruit leur vie, parce qu’il a bafoué leur innocence, volé l’insouciance de la jeunesse.
Pervers, pédophile, froid : il mérite une part de chacun de ces qualificatifs, estime l’avocat général, saisie, outrée, choquée, notamment par la répétition des faits - commis entre 1983 et 1995 - et le nombre des victimes, quatre, dont trois frères. L’attitude du quinquagénaire déplaît à la représentante de l’accusation. Pas un mot, pas un regard, pas une excuse pour les jeunes gens. Il ne les a pas vus. L’avocat général croit Jérémy lorsqu’il parle de trois agressions, Richard, lorsqu’il évoque des actes de sodomie, les faits les plus graves niés en bloc par Georges Gardère. Même à l’audience, ils n’ont pas été vindicatifs, n’ont pas eu un comportement de vengeurs. Les fellations imposées ont été reconnues. Elles sont considérées comme des viols. Quel intérêt d’en rajouter ?.
La thèse du complot familial, évoquée un moment par l’accusé et son fils pour expliquer ces accusations, l’un des avocats de la défense, la rejette d’emblée. L’avocat tient en revanche à ce que le doute profite bien à l’accusé. Il n’y a aucun dossier médical, aucun témoignage. Il y a des contradictions aussi chez les parties civiles. Pourquoi doit-on croire systématiquement ce que dit une victime et pas un accusé. Depuis Outreau, crédibilité ne veut plus dire automatiquement vérité. Un peu plus tard, sa consœur demandera aux jurés de tenir compte de l’écoulement du temps, des soins entrepris spontanément avant sa mise en examen et de juger en fonction de sa personnalité. Aux carences affectives sévères, s’ajoute une vie dans un milieu familial pour le moins perturbé. Un père incestueux, des frères qui agressent leurs deux sœurs. Peut-être Georges Gardère a-t-il subi ou été témoin ? Cela peut expliquer les pulsions qu’il évoque. Les jurés ont répondu par l’affirmative à toutes les questions soumises, notamment sur la réalité des viols de l’un des frères et les accusations du frère cadet.
Source : Le Télégramme
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