Bretagne, père, il violait ses filles, grand’père il viole ses petites-filles
La Cour d’assises du Finistère juge, depuis hier, 13 mai 2008, un homme de 77 ans accusé d’avoir violé sa petite-fille. Les faits, niés par l’accusé, auraient eu lieu entre 1988 et 1991, quand l’enfant avait entre huit et dix ans. Le verdict est attendu aujourd’hui.
En décembre 2006, Élodie (les prénoms ont malheureusement été changés, ndr) se présente à la gendarmerie pour dénoncer C., son grand-père. Selon elle, celui qu’elle n’appelle plus désormais que Monsieur, l’a touchée au moins cinq fois. En fait de toucher, Pépé l’aurait pénétrée avec un doigt puis deux (l’indigne ancêtre s’est enhardi, ndr). Pénétrations digitales, mais vaginales, qui sont des viols avec les circonstances aggravantes d’avoir été commis sur un mineur de moins de 15 ans et par ascendant.
Le grand-père est convoqué à la gendarmerie et placé en garde à vue. Le vieil homme rejette l’accusation. Il a tenu des propos très durs à l’égard de sa petite-fille, disant qu’elle l’accusait pour une histoire d’argent, se souvient l’un des enquêteurs.
Les gendarmes l’informent aussi que ses trois filles disent qu’il les a régulièrement violées. Pour Jacqueline, l’aînée, cela a commencé par un rapport sexuel complet à huit ans. Au moins une fois par mois, jusqu’à ses 17 ans. Elle ne dira rien : J’avais même pardonné à mon père. J’étais persuadé qu’il n’y aurait pas de suite.
La cadette, Martine, qui est devenue par la suite la mère d’Élodie, est également violée dès huit ans. Puis, Geneviève, la dernière.
Ces viols, remontant à plus de 20 ans, sont prescrits. L’accusé ne peut plus être poursuivi. Mais tout au long de l’audience, ces faits ont été largement évoqués. Au grand dam du défenseur de l’accusé, maître Appéré qui a ferraillé avec les enquêteurs soupçonnés d’acharnement contre l’accusé.
C. est assurément un père indigne. Il a reconnu ces viols multiples sur ses enfants pour lesquels il n’a plus de compte à rendre. Mais est-il aussi un grand-père indigne ? Oui, maintient Élodie, qui ne flanche pas à la barre.
Pourquoi a-t-elle attendu 2006 pour porter plainte, alors qu’elle avait 25 ans ? Elle a eu ce qu’elle nomme ses déclics. La jeune femme venait d’être maman. Sa fillette, comme tous les enfants de 2-3 ans, découvrait [son corps], elle commençait à poser des questions sexuelles. Je voulais protéger ma fille. « Il » l’a assez fait à d’autres. Et puis, il y a eu ce lit que Pépé lui avait donné à elle et à son compagnon. Quand le lit a été monté, il a dit : « Maintenant, tu vas pouvoir faire des galipettes dessus avec ton mari ». Des propos déplacés (mais exacts, le papi a le sens de l’humour, ndr) qui la déterminent à révéler ce qu’elle cachait à tout le monde.
Pourtant, quand elle avait 14 ans, sa mère lui a révélé qu’elle avait été violée par son père. C’était pour la mettre en garde, mais je crois que c’était trop tard, témoigne Martine, rongée par la culpabilité. Quand elle a raconté sa propre histoire, elle n’a pas osé demander à Élodie si le grand-père avait continué ses agissements sur la génération suivante.
Élodie, elle non plus, n’a pas parlé à cette mère qui continuait quand même à entretenir de bons rapports avec ce père incestueux. Quand je voyais ma mère bien s’entendre avec son père, ça faisait peur. Je me demandais si on n’allait pas me traiter de menteuse.
Maître Appéré se demande si la petite-fille n’aurait pas réalisé une sorte de vengeance par procuration pour le mal que son grand-père avait fait à sa mère.
Or, les affirmations d’Élodie sont confortées par ses cousines, les filles de Jacqueline. L’une raconte que son grand-père s’est exhibé deux fois. Dénégation de l’accusé. L’autre a deux images en mémoire : Il m’a demandé de lui faire une fellation dans le cellier et il a essayé de me violer au grenier.
Le vieil homme, qui ne perd pas une miette des débats tout en étant affecté d’une surdité à éclipses (incarcéré à présent, il doit subvenir manuellement à ses désirs, ndr), persiste : Je n’ai pas touché à ma petite-fille. Ni aux autres. Mais ces jeunes femmes rapportent pourtant des similitudes dans les actes : le secret imposé, le chantage, la façon de les attirer à l’écart sous prétexte d’aller voir les oiseaux - sa passion - dans la volière, les cadeaux. Une conduite typique d’un pervers, selon l’excellent docteur Cozic, l’expert psychiatre. Ce qui lui a valu, lui aussi, d’être mis en cause par la défense quant à ses capacités professionnelles. Ambiance…
Source : Ma Ville
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