Les Ulis, son beau-père poignardé et son petit ami emprisonné pour son anniversaire

Les habitants de la cité des Chantereines ont assisté impuissants au meurtre d’un quadragénaire au pied des immeubles dans la nuit du jeudi 8 mai 2008 au vendredi 9 mai 2008. Nassima (le prénom a malheureusement été changé, ndr), dont le petit ami a poignardé son beau-père, témoigne.

Triste jour pour elle. Le 10 mai 2008, c’était l’anniversaire de Nassima. Du haut de ses 15 ans, sous sa frêle ossature et son joli minois où percent encore des traits enfantins traînait le spectre de son beau-père mort poignardé, son copain fraîchement sous les verrous et sa mère anéantie.

Une histoire complètement débile, assène l’adolescente, hébétée, toute vêtue de noire, piercing à la lèvre et cœur rouge tatoué sur la poitrine avec le nom de son petit ami. Les images tournent en boucle dans ma tête. S’il n’y avait pas eu d’alcool, Pascal serait encore en vie et mon copain libre. C’est c… Sobre résumé d’une embrouille de famille recomposée. Une dispute, dont l’origine reste confuse et qui a coûté la vie, dans la nuit du jeudi 8 mai 2008 au vendredi 9 mai 2008, à Pascal Garde, 46 ans, sans emploi, habitant un immeuble du quartier des Chantereines, aux Ulis. Son agresseur a été mis en examen hier pour homicide volontaire et placé en détention à Fleury-Mérogis.

Nassima vit avec sa mère et le compagnon de celle-ci, Pascal Garde. C’est un violent, assure Nassima. L’adolescente, en rupture scolaire, Cap de coiffure inachevé, fréquente Mohammed, 22 ans, sénégalais. Doudou et moi, ça fait deux ans qu’on est ensemble, soupire-t-elle. Ce dernier est sans emploi, issu d’une fratrie de huit enfants, habitant chez sa mère, quartier des Bergères, également aux Ulis. Je ne l’ai jamais vu lever la main sur quelqu’un, dit-elle, mais elle reconnaît qu’il a un problème avec l’alcool.

La scène du crime, d’une grande sauvagerie, une partie de la cité y a assisté, impuissante, de ses fenêtres, jeudi soir, 8 mai 2008. Je préparais mon couscous, raconte Amel, dans sa djellaba rouge, quand j’ai vu de ma petite cuisine l’agresseur, en bas, dans le massif de fleurs, asséner des coups de poignard à un homme.

Il est 22 h 30. C’est la fin d’une longue bagarre avec insultes, menaces de mort et folle course-poursuite avec un poignard dans toute la cité à vélo et à pied. L’alcotest du jeune homme révélera 1,7 gramme d’alcool par litre de sang. Ils se sont bus trois bouteilles : whisky, Ricard et rhum, précise Nassima. Le final sera sanglant. Mohammed et Pascal, ce dernier armé d’un poignard, atterrissent dans un massif, se roulent par terre, se tailladent. Quand soudain le premier récupère le poignard, se retourne, s’assoit à califourchon sur le beau-père et enfonce le couteau sept fois.

La femme de Pascal est présente, à quelques mètres, à côté de son petit caniche, hurlant. Moi, j’étais partie. Je m’étais réfugiée chez une copine, raconte Nassima. J’en avais marre de leurs disputes. C’est ma mère qui m’a téléphoné, en larmes : Pascal est mort. Doudou l’a tué.

Pascal Garde sera transféré à la Pitié-Salpêtrière à Paris et mourra des suites de ses blessures six heures plus tard. Je comprends pas, répète la jeune fille. De toute façon, ça devait finir comme ça. Le poignard, c’était pour l’un des deux. Mohammed, il a dû mettre toute la rage qu’il avait en lui. Tous ses problèmes, essaie d’expliquer Nassima.

Je suis triste pour mon beau-père. Et pour ma mère qui a du chagrin. Elle a mis une photo de Pascal dans le salon avec une bougie. Mais Nassima promet qu’elle ira voir Mohammed en prison. Je ne lui en veux pas. On voulait avancer tous les deux dans la vie. Avoir un travail et un appartement. Moi, je veux être coiffeuse. Elle est sûre : Je l’attendrai.

Source : Le Parisien

Imprimer cet article Imprimer cet article