Palsambleu ! le vicomte d’Harcourt impliqué dans le crime de la pharmacienne de Montpellier

Très affaibli, le vicomte Amaury d’Harcourt, 82 ans, a quitté le château de St-Eusoge pour se reposer quelque temps chez sa fille. La semaine dernière, cet aristocrate qu’on dit excentrique, issu d’une des plus illustres familles de France, a finalement lâché son secret. Placé en garde à vue à la gendarmerie d’Auxerre, il a avoué avoir tenu un rôle dans l’assassinat de Bernadette Bissonnet, la pharmacienne montpelliéraine tuée en mars par son jardinier. Le vicomte d’Harcourt aurait récupéré l’arme du crime pour la jeter dans une rivière, à la demande de son vieil ami Jean-Michel Bissonnet. Cette confession constitue une charge supplémentaire contre le mari de la victime que les gendarmes chargés de l’enquête soupçonnent, malgré ses dénégations constantes.

Deux mois après l’assassinat, les enquêteurs ont donc recomposé un trio improbable fait d’un jardinier algérien, d’un self-made-man de province et d’un aristocrate bon vivant et original. Les deux derniers se sont rencontrés dans le Loiret, il y a plus de quarante ans. De retour d’Algérie, Jean-Michel Bissonnet vit alors à Châtillon-sur-Loire avec sa famille. Amaury d’Harcourt emploie le jeune homme comme commis sur le domaine de St-Eusoge, les terres familiales dont il a hérité. Ils ne se sont jamais perdus de vue, raconte Florent Bissonnet, 28 ans, fils de l’entrepreneur. Mon père était reconnaissant de ce coup de main donné dans sa jeunesse. Il lui est resté fidèle.

Régulièrement, le vicomte Amaury d’Harcourt se rend dans la belle maison que Jean-Michel Bissonnet possède dans une banlieue cossue de Montpellier et les deux hommes se retrouvent dans l’Yonne pour chasser, leur passion commune. Avec le temps, Jean-Michel Bissonnet, en pleine ascension professionnelle, est devenu un membre influent de la bourgeoisie montpelliéraine. Après s’être perdu dans une série d’aventures vouées à l’échec, Amaury d’Harcourt était, lui, sur le déclin, témoigne un proche. Le vicomte a laissé une grande part de sa fortune dans des « entreprises extravagantes ». Il aurait notamment été embrigadé dans une secte. Amaury était l’original, l’enfant turbulent de la famille, renchérit un châtelain de l’Yonne. Il n’a jamais eu de métier. Sympathique, plein d’un humour pince-sans-rire, marié plusieurs fois, il a eu une vie mondaine très intense.

À Rogny-les-Sept-Écluses, le clan d’Harcourt vit retiré dans le très beau domaine de St-Eusoge. Les gens du village connaissent peu cette famille, dont certains membres ont écrit des pages de l’histoire de France. Une poignée de personnes seulement habite aujourd’hui sur la propriété mais le maire du village, Claude Samyn, se souvient encore du temps où une centaine de paysans et d’ouvriers travaillait aux écuries, aux serres et dans les communs du château. Le vicomte continuait à profiter des plaisirs de la vie, comme dans le temps, en vivant sur son réseau d’amis, remarque le fils Bissonnet. C’est pour cette raison que ma mère, qui le considérait comme un pique-assiette, ne l’appréciait pas. Contacté vendredi 9 mai 2008, l’avocat d’Amaury d’Harcourt n’a pas souhaité commenter son placement en garde à vue. Laissé en liberté en raison de sa santé précaire, le suspect devrait être prochainement présenté au juge en vue de son éventuelle mise en examen.

Source : Le Figaro

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